La sauvagerie et la sagesse

En passant de sauvage à civilisé, les penseurs les plus profonds de toute configuration de la société doivent faire face à la contradiction apparente de la sauvagerie et de la sagesse, de la sauvagerie et de la domestication, de l’instinctif et du défini, du mystère dévoilé, de la domination et de la soumission. Chez les animaux domestiques, les humains ont également été domestiqués.

Ces penseurs les plus profonds doivent aussi contempler, explorer, cultiver leur nature humaine, tout ce qui est le plus essentiel dans l’être humain, ce qui relie l’être humain à la nature et au divin – un esprit lumineux, éveillé, une conscience pure, une vie libre de toute charge, de la saisie et de l’accumulation d’attachements – attachement sensuel, attachement aux opinions, attachement aux rites et aux rituels, et attachement à l’idée d’individualité.

Quand une telle réflexion a-t-elle commencé? Quand quelqu’un, visionnaire, poète, prophète a-t-il d’abord considéré ces pouvoirs extérieurs et plus grands que lui-même?

Frederick, de Leo Lionni, mon livre pour enfants préféré, me vient à l’esprit. Le travail de Frédéric, son apport, était celui de la perception, de la méditation et de l’interprétation des éléments essentiels de la nature, de telle sorte qu’il puisse les rappeler plus tard de manière vivante, avec des mots qui pourraient les redonner vie. Frederick est une souris des champs. Frederick est un poète.

Avant qu’Atlantis ne disparaisse à jamais, elle a envoyé des navires aux quatre coins du monde. À bord se trouvaient les douze: le poète, le médecin, l’agriculteur, le scientifique, le magicien et les autres prétendus dieux de nos légendes…

Le poète était le plus important. Il n’y avait pas un politicien parmi eux.