L’écriture

L’écriture n’est certainement pas l’imposition d’une forme d’expression à la question de l’expérience vécue. Le cours de l’écriture, bien que vers un but, peut-être, n’est qu’une direction, ses pas erratiques. L’écriture se déroule dans la révélation. Son devenir, toujours en plein essor, s’efforçant vers une réalisation plus complète, plutôt que l’achèvement. Tout comme la vie est un processus continu, l’expérience qu’elle manifeste est également continue.

L’écrivain doit donc nécessairement devenir qui ou ce qu’il écrit, dans la mesure où la distinction entre eux est presque imperceptible. Ces devenirs peuvent être liés les uns aux autres par une ligne, une séquence ou un cycle particulier; ou ils peuvent coexister à tous les niveaux, accompagnant les seuils, les portes, les zones et les sphères qui composent l’univers.

Devenir est à la fois dépourvu de domination et de soumission. Devenir, c’est accepter, abandonner, croire. Pour écrire, un écrivain doit croire à cette réalité qui, à travers sa transcription, devient réalité. Alors qu’une photographie est une interprétation d’une ressemblance, et donc une opinion plutôt qu’un fait, bien que précis, ce n’est pas la vérité. La vérité, comme on le croit, est telle qu’elle est écrite.

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