Le courant

On peut apprendre quelque chose de tout le monde. Tout le monde a une histoire. Pour les artistes, écrivains, poètes, ces histoires sont souvent racontées comme des aveux. Confessions du passé, du présent, de l’avenir. Confessions de réalité et d’invention.

La valeur ou la qualité d’une histoire a moins à voir avec sa véracité qu’avec sa crédibilité. Le point de vue détermine la perception. La perception détermine la croyance. La croyance détermine la réalité.

Ce n’est pas une preuve, une preuve de quoi que ce soit, à quoi les artistes s’efforcent, quels artistes offrent. La preuve est très surfaite. Les artistes placent vos doigts au pouls de leur vie, non pas pour prouver qu’ils sont vivants, mais simplement que vous pourriez ressentir, ressentir, du bout des doigts à votre cœur, de votre cœur à votre tête, ce qu’ils ressentent.

Il y a un artiste en moi. Mes aveux viennent en larmes. Dans mes conceptions, vous avez vu l’aveu de l’art et de l’artifice. L’écrivain en moi demande la solitude, l’exil et la ruse; le poète, ceux-ci, et Muse-obsession.

Muse bien-aimée, cessons de recommencer. Maintenant, en exil, explorons des profondeurs encore plus abstruses, des hauteurs encore plus sublimes. Certains anges ont des cornes. Certains démons ont des ailes. Les anges ne me quittent que lorsque je souris; les démons, quand je pleure. En témoignage de ma dévotion pour vous, mes doigts confiants dans le courant de votre inspiration, que mon écriture s’épanouisse. Seule elle par un poète aimé ne mourra jamais.