Le remède

Si ça fait mal, écrivez à ce sujet jusqu’à ce que la douleur soit épuisée. Soyez honnête, clair, courageux. La blessure a une origine; il existe dans un lieu; il se nourrit de la peur d’une nouvelle affliction. Le mal est un défi qui doit être relevé. Affrontez la douleur dans les mots que vous écrivez. Quand la douleur a disparu, pardonne-la. C’était à vous de supporter.

Un écrivain a besoin de trois choses: la solitude, l’exil, la ruse. La révélation, l’évolution, la maturation de tous les artistes commence par l’épave, la perte, le bannissement. Si vous aspirez à monter au ciel, préparez-vous d’abord à descendre en enfer. Le ciel est la vérité atteinte; l’enfer, mais la vérité niée.

Pour écrire, pour fasciner, pour enthousiasmer, pour enflammer, il est impératif que sa vie soit digne de chronique. Écrire sur ce qui n’existe pas, c’est écrire sur l’absence. Écrivez, non pas pour transmettre quelque chose, mais parce que vous avez quelque chose à transmettre. Il faut écrire, car peu écoutent, et encore moins se souviennent de ce qui se dit.