Je choisis

Parfois, je veux un tonnerre silencieux. Parfois, je veux un fort silence.

Pour éviter le bercement dans la complaisance, la stupéfaction dans l’oubli, j’ai délibérément, consciemment jeté mes pensées au-delà de toute réalité, sauf la mienne.

Lorsqu’il est présenté avec facile et difficile, je choisis difficile. Si quelqu’un peut l’avoir, je n’en veux pas. Si quelqu’un peut le faire, je ne le ferai pas. Si tout le monde le pense, je ne le pense pas. Si tout le monde le veut, je ne l’aurai pas.

Si je dois choisir entre deux maux, je choisis celui que je n’ai jamais essayé auparavant.

Je vis ainsi, approchant les rythmes des vieilles circonstances à la marge périlleuse, moment. Frapper la corde qui se brise au son, porter la note sans tremblement à la bouche et parler l’inversion du son, comme une statue qui bouge avec calme.

C’est ce dernier tout-risque: un je qui est le mien pour le courage qu’aucun autre ne soit, sinon le danger lui-même. Je ne suis pas non plus devenu un autre, d’autres, en bravant tous les risques avec un pas feutré, en faisant vibrer les armureries des vétérans.

Pour moi, le temps n’apprend pas l’ennui, ne déteste pas la succession déterminée, ne s’irrite pas d’un événement non programmé; au lieu de cela, le temps engendre la surprise. La conscience naturelle s’enclenche en moi, et voilà! J’étais, je suis, je serai.

Dans la vie, il n’y a que l’obsession et la médiocrité.

Je choisis l’obsession.