Pour que la vertu puisse prévaloir

La seule vérité véritablement objective – absolue, inconditionnelle et éternelle – est macrocosmique, universelle, divine.

Bien que revendiquée à travers des millénaires de culture occidentale que la vérité est par définition objective, c’est cette culture qui à la fois définit cette vérité et détermine l’étendue de sa pertinence. La croyance en l’objectivité absolue de la vérité est la soumission même qui rend les individus, d’abord, puis des populations entières, vulnérables au pouvoir social et politique, à l’oppression, à la tyrannie. La vérité au sens de métaphore conceptuelle est identifiée par rapport à ces systèmes, partis, individus prêts à profiter le plus pleinement de la création de la peur, ou de la crainte, de la peur révérencielle, qu’ils suscitent.

La plupart des métaphores évoluent avec la progression naturelle du temps; beaucoup aussi, cependant, sont imposés par les personnes au pouvoir à ceux qui sont enclins à se soumettre – les dirigeants politiques, religieux et commerciaux, ainsi que par leurs co-conspirateurs et collaborateurs dans la publicité et les médias. Séduits par le mythe de l’objectivisme, où la vérité est toujours absolue, ceux qui imposent leurs métaphores de la vérité à la culture se voient accorder par l’acquiescement des masses le droit d’interpréter tout ce qui doit être considéré comme vrai.

Le destin ne peut être ni contraint, ni cajolé, ni compté. Aussi perturbateurs que soient l’influence et le règne des despotes, l’équilibre universel sera maintenu en harmonie avec la vérité universelle.

L’homme est un temps seulement, où lui-même est sa chair et son esprit, créé et créateur, résurrection suicidaire; et à chaque fois une sauvagerie et une sagesse, pires que lui et meilleures, ses comédies tout vice, ses tragédies toute horreur du vice, sa vérité un désespoir des extrêmes.

Il a marqué des avantages obscurs dans les airs, monté parmi les ruines de lui-même les trophées fatigués de l’intransigeance. Ce ne sont pas des immortalités, ni des monuments, mais des jauges pourries, molles où jetées, reliques de victoires rêvées.

Car la vérité n’est pas un historien, toucher la scène aléatoire avec l’enchantement de la probabilité. Elle est la muse qui se sert, un œil qui ne s’égare pas après des vues passagères, une ennemie pas à la légère portée au combat, une amie qui ne boit pas à la légère, préparée au besoin de compagnie du banquet. Aucune amie à portée du hasard, ni amour à distance des jambes de l’amant audacieux, proches de familiarités mercurielles. Mais dans la pensée désintéressée, une pensée la plus éloignée, mais comme celle de l’homme par altruisme, par alliance de paix éventuelle – un sens, les mots importuns et les mots qui disposent.

Et ce sont les mots qui s’ensuivent.