Les copains

Un homme cher à mon cœur, battu et volé dans la rue une fois de plus, bien qu’il ait été assez accompli dans les arts martiaux, m’appelait pour me demander mon aide. À chaque fois, je laissais tomber tout ce que je faisais, et je me précipitais chez lui. Bien sûr, je n’ai jamais trouvé ceux qui l’ont blessé et volé. Si je les avais trouvés, je les laisserais morts sur les trottoirs. Je ne fais pas de prisonniers. Mon ami n’est pas un lâche. C’est un homme de principe, pendant dix ans maintenant, moine bouddhiste pleinement ordonné en Thaïlande. Je l’ai vu pardonner au moustique, en lui accordant son sang sans un coup. J’ai vu des moineaux et des papillons se poser sur ses épaules, ses mains, son visage, sans la moindre inquiétude. En Thaïlande , tandis que dans ses robes, parcourant les sentiers de la jungle, j’ai observé sa patience et sa compassion alors que les scorpions traversaient notre chemin sans être dérangés. C’est un homme doux et spirituel. Son courage réside dans son défi de tout ce que le monde prévisible et conventionnel pourrait offrir. Dans un battement de coeur, je donnerais ma vie pour salut Mais est-ce un ami? Au lieu de l’amitié, j’offre la dévotion – une adoration inébranlable et jamais abandonnée.

Ai-je des amis? Je ne suis pas sûr. Peu peuvent tolérer mon intensité. Comme des bougies indéterminées au cœur de mes tempêtes constantes, elles s’éteignent, heureuses de servir leur but dans un environnement moins hostile, plus docile.

Je ne veux pas de rose sans son épine, pas de miel sans aiguillon. Je ne veux pas être apaisé; Je veux être ému. Ma demande tacite de chacun, comme de moi-même – soit m’incite, soit m’excite. Je ne calcule pas les dépenses, ni les investissements, ni les conséquences. Je donne entièrement, librement, sans espoir ni attente de réciprocité. Avec certains, je suis généreux d’une faute; d’autres seront refusés même à l’heure de la journée. Pour les lâches, je n’ai rien. Pour ceux qui sont trompés par la peur ou tout autre artifice émotionnel de l’esprit, je n’ai rien. Aux côtés des courageux, des rebelles, de mon propre gré, je me battrai jusqu’à la mort, ma mort. Je suis intrépide. La lâcheté, quelle qu’en soit la cause, quelle que soit sa manifestation, inspire mais méprise. Mon cœur est énorme. Pour ceux qui en sont dignes, ma sympathie, mon empathie ne connaissent pas de limites. Ceux-ci auront toujours ma main, mon bras, mon cœur, mon esprit, mon âme, ma vie.

Copains…? Est-ce que j’aimerais en avoir un, certains? En ai-je? En ai-je déjà eu? Certainement pas au sens conventionnel. Je marche seul. Je ne suis personne. Je ne dirige personne. Je porte une lampe pour éclairer mon chemin. Je porte une épée et un poignard pour me protéger, et combattre au nom de ceux qui ne peuvent pas se défendre. J’observe. J’apprends. J’enseigne. La malchance est la lance pointée dans mon dos. La bonne fortune est la lance pointée sur mon visage. La loyauté est la moindre des vertus, affichée uniquement lors de la trahison.