La fin? Pas encore.

Elle avait des ailes. Même là où elle était brisée, elle paraissait belle; dans l’abandon, sa force, son invincibilité. Portant l’univers sur ses épaules, tout ce qu’on voyait de son fardeau était des ailes.

Vivez votre vie au bord des larmes. Votre chagrin, l’abîme ci-dessous; votre joie, le ciel au-dessus. Balancez sur l’escarpement du péril. Sautez sans crainte de votre atterrissage. Ou levez-vous sur les ailes et volez. Trouvez ce que vous aimez et mourez pour cela. La prudence est pour les lâches.

Après avoir apaisé vos peurs, si vous lâchez prise, tomber vous donnera l’impression de voler. Aucun acte de foi n’a jamais révélé son atterrissage avant le saut. Croire pleinement à la réalité qui est la vôtre, les yeux ouverts ou fermés, appréciez la mer, goûtez l’air, sentez la brise, entendez les vagues, aspirez à la maison, jetez-vous au bord du gouffre. Faites pousser des ailes avant de tomber.

Quand les anges tombent, ils les appellent des démons. Quand les mortels volent, ils les appellent saints. Certains anges ont des cornes; certains démons ont des ailes. Chaque saint a un passé; chaque pécheur, un avenir. Et puis il y a les poètes, qui peuvent aussi être des sorciers.

Les anges ne me quittent que lorsque je souris.