L’ abysse

Pendant quelques années, trop d’années, j’ai trop bu. Entre folie et rage, je ne connaissais pas d’autre repos. Entre médiocrité et obsession, j’ai toujours choisi l’obsession. Entre mes extrêmes, provisoirement, ténue, l’équilibre a aussi toujours été obsédant et compulsif, comme si tout équilibre trouvé se brisait avec tout manque de vigilance. Je n’ai jamais fumé. Je n’ai jamais consommé de drogue. Gallois, mon intoxicant était du whisky, pur, consommé à la bouteille, bouchons jetés à l’ouverture. Je ne suis pas vraiment ami avec mes démons, mais ils ne sont pas non plus mes ennemis. Comme la malaria qu’il est de moi de garder pour le restant de mes jours, relevant sa tête déplaisante à sa guise, ainsi mes démons vont et viennent à leur guise, méfiant cependant de ma morsure. Le Diable m’a demandé comment je me débrouillais dans les couloirs de l’enfer. Je lui ai dit que je n’avais pas besoin de carte pour les ténèbres que je connais si bien.